L'effet Lindy et la peine de mort
Publié le 8 janvier 2026
Être "lindy", c'est résister à l'épreuve du temps. Marcher, boire de l'alcool ou du café, les religions , manger du pain, chanter et jouer de la musique — toutes ces pratiques traversent les millénaires et persistent pour une raison.
Parmi ces éléments lindy figure une pratique qui dérange : la peine de mort. Abolie dans la plupart des pays occidentaux depuis quelques décennies seulement, elle a pourtant accompagné l'humanité depuis ses origines. Du code d'Hammurabi énumérant 25 crimes capitaux basés sur la loi du talion, jusqu'au "Bloody Code" anglais qui comptait 222 délits punissables de mort, cette sanction ultime a traversé les civilisations.
Si la peine de mort a persisté si longtemps, peut-être y avait-il une raison.
Quand la réalité rattrape l'idéalisme
Fin août, le meurtre d'Irina Zaroutska a bouleversé l'opinion publique. Cette femme a été sauvagement assassinée dans les transports en commun par un homme souffrant de troubles psychiatriques, déjà condamné pour 14 délits dont un braquage à main armée. Cette affaire, aussi atroce soit-elle, n'est malheureusement pas isolée.
Une question dérangeante s'impose : ce drame aurait-il pu être évité dans un système appliquant la peine de mort ? Peut-on laisser en liberté des individus manifestement dangereux pour la société ? Et finalement, qu'y a-t-il de plus humain : enfermer à vie un homme déjà perturbé dans une cellule, ou appliquer la sentence capitale ?
Plus les années passent, plus il devient difficile d'ignorer cette réalité : la peine de mort pourrait être nécessaire pour protéger la société d'une infime minorité d'individus inaptes à la vie sociale, impossible à réinsérer.
La mathématique du crime
We absolutely can incarcerate our way out of crime. If we imprisoned people for life after a third offense, most crime would disappear. And we can do it inexpensively by contracting imprisonment for prisoners serving life to countries like El Salvador. https://t.co/AsuKmxVmgy
— Daniel Friedman (@DanFriedman81) August 28, 2025
Au-delà de la peine de mort, les statistiques révèlent une réalité troublante : 80% des crimes sont commis par des récidivistes ayant déjà été arrêtés au moins trois fois. Une minorité infime de la population concentre donc l'essentiel de l'activité criminelle.
Si ces individus étaient effectivement emprisonnés à vie ou pour de très longues peines, la criminalité chuterait mécaniquement de 80% du jour au lendemain.
Cette réalité statistique éclaire d'ailleurs sous un jour nouveau les questions de stéréotypes et de discrimination. La grande majorité des citoyens, quelle que soit leur origine, sont des personnes respectueuses de la loi. Seule une fraction minuscule pose problème. Si cette minorité nuisible était effectivement sanctionnée au lieu d'être remise en liberté, les préjugés et tensions communautaires diminueraient naturellement.
L'impact économique de l'insécurité
L'absence de justice ne se contente pas de créer des drames humains. Elle génère également des distorsions économiques majeures, particulièrement visibles sur le marché immobilier.
2/3 of Chicago (the south and west side) is under a parallel housing economy where the prices of real estate are 60-70 percent less than the rest of the city because people fear being murdered
— LindyMan (@PaulSkallas) September 2, 2025
That's not normal. It's highly abnormal. https://t.co/Ccq7IgqdJe
Aux États-Unis, le système fonctionne par quartiers distincts : d'un côté les zones riches et sécurisées, de l'autre les ghettos abandonnés par l'État de droit. Chicago en offre un exemple frappant : les deux tiers de la ville (le sud et l'ouest) vivent dans une économie immobilière parallèle où les prix sont inférieurs de 60 à 70% au reste de la ville, simplement parce que les gens craignent d'y être assassinés.
Cette ségrégation spatiale de la criminalité n'est ni normale ni souhaitable, mais elle révèle une vérité brutale : quand la justice ne protège plus, les citoyens votent avec leurs pieds — et leur portefeuille.
La France présente un modèle différent mais tout aussi révélateur. Historiquement, nous avions nous aussi nos quartiers ghettos et nos départements entiers réputés dangereux, comme la Seine-Saint-Denis. Mais désormais, la stratégie consiste à "répartir la misère" : disperser l'insécurité plutôt que la combattre. Résultat ? Elle devient moins visible géographiquement mais omniprésente sur l'ensemble du territoire.
Cette approche française, si elle évite la formation de ghettos absolus, n'éradique pas le problème pour autant. Elle ne fait que le diluer, créant un sentiment d'insécurité diffus qui gangrène progressivement l'ensemble de la société. Au lieu de quelques zones perdues mais circonscrites, c'est la totalité du territoire qui subit une dégradation progressive de la sécurité et, par ricochet, de la qualité de vie.
La peine de mort en politique
L'effet lindy s'applique aussi à la gouvernance. Historiquement, les sociétés ont souvent condamné à mort les dirigeants qui détruisaient le pays par leur incompétence ou leur corruption. Cela servait de dissuasion puissante contre les abus de pouvoir.
Dans la Grèce antique, à Athènes, des politiciens pouvaient être exilés ou pire pour mauvaise gestion. Mais c'est dans la République romaine que cela fut le plus systématique. Les magistrats corrompus ou traîtres étaient jugés par les assemblées populaires et risquaient l'exécution pour crimes comme la concussion ou la haute trahison. Par exemple, lors de la conjuration de Catilina en 63 av. J.-C., Cicéron, consul, fit exécuter sans procès les conjurés accusés de complot contre la République, évitant ainsi une ruine potentielle de l'État. Plus tard, sous les proscriptions de Sylla ou César, des dizaines de sénateurs et généraux furent mis à mort pour avoir nui à la République.
Cette pratique lindy protégeait la société en incitant les leaders à éviter l'arbitraire destructeur. Aujourd'hui, en France, on tolère les dérapages : les notes de frais exorbitantes d'Anne Hidalgo pour acheter des robes à 6 300 €, les détournements de fonds européens par Marine Le Pen et le Front National, Bruno Le Maire et ses 1 000 milliards de dettes, ou bien encore les maires communistes qui imposent le contrôle des loyers, vidant le marché immobilier et appauvrissant les villes. Sans menace réelle, ces pratiques persistent, au détriment du pays.
Retrouver l'équilibre lindy
Les sanctions pénales sont elles aussi lindy. Depuis la nuit des temps, les sociétés punissent les délinquants. Il ne s'agit pas de revenir aux châtiments corporels d'antan, mais de reconnaître que le problème sécuritaire actuel vient précisément de l'abandon de ce principe ancestral.
Les délinquants ne sont plus punis. C'est là que réside la rupture avec l'effet lindy.
Il n'est pas forcément nécessaire de restaurer la peine de mort pour retrouver cet équilibre. Appliquer simplement le Code pénal existant serait déjà un bon début — même si cette proposition suffit aujourd'hui à être traité de "néo-nazi" par une grande partie de la classe politique.
Pourtant, si le Code pénal existe, c'est qu'il y a une raison. Il est là depuis plus de 200 ans, après tout. Peut-être serait-il temps de s'interroger sur la sagesse qu'il contient, plutôt que de l'ignorer au nom d'un progressisme qui, manifestement, ne protège plus personne.
L'effet Lindy nous rappelle une vérité dérangeante : ce qui survit longtemps survit souvent pour de bonnes raisons. Même quand cela dérange nos sensibilités modernes.