Réagir aux red flags
Publié le 11 décembre 2025
Un red flag, c'est un signal d'alarme, un problème, une situation que l'on ne veut pas accepter.
Des exemples seraient :
- Un ami qui annule une activité au dernier moment sans prévenir
- Sa copine qui passe son temps libre à flirter avec d'autres hommes
- Un employeur qui nous fait travailler des heures supplémentaires sans compensation
- Un professeur qui ne répond pas aux questions des élèves
Ce sont des conditions que nous ne sommes pas prêts à accepter parce que cela ne correspond pas à nos valeurs.
Le red flag, ce drapeau rouge, c'est un danger — il ne faut pas y aller. À la mer, quand le drapeau est rouge, il ne faut pas se baigner. Orange ça passe, on tolère, rouge c'est non.
Dans la vie de tous les jours, c'est pareil, le red flag est éliminatoire. C'est comme cela que j'ai toujours fonctionné. Je vois un red flag, c'est non et je ne continue pas plus loin.
Dans mon idéologie, c'était être fort sur ses principes et ne pas se laisser faire. Mais plus les années passent et plus je pense que c'était une mauvaise idée. La vie est plus complexe que cela, elle n'est pas binaire. Elle est faite de compromis, nous n'aurons jamais le job parfait, la copine parfaite n'existe pas. Chaque individu est fait de défauts, chaque situation est imparfaite et il faut apprendre à vivre avec.
Ce qui m'a fait changer d'opinion est une citation de Thomas Sowell : "Life does not ask what we want. It presents us with options" .
Depuis que je l'ai lue il y a quelques années, c'est ma citation favorite.
Trouver le job parfait
J'avais un ami insatisfait dans son travail. Il a passé des entretiens pendant plusieurs mois pour trouver un emploi plus épanouissant.
Pendant plus de deux mois, il a passé tous les tests avec succès mais chaque étape était remplie de red flags : les mecs se prennent pour Google à faire des tests de malade, ils mettent 10 jours à répondre à un email, certaines épreuves sont stupides, etc.
Après plus de deux mois et trop de red flags, il n'avait plus envie de travailler chez eux, il ne partageait pas les mêmes valeurs, ce que je comprends parfaitement.
Mais le raisonnement est mauvais. Ce n'est pas "est-ce qu'il y a trop de red flags dans cette entreprise ?" mais "est-ce que c'est mieux que mon taff actuel ?", "est-ce que je préfère travailler chez eux que dans mon entreprise ?", "est-ce que je vais avoir plus d'opportunités d'évolution ?", "est-ce que j'aurai un meilleur salaire ?"
La question n'est pas de savoir s'il y a trop de red flags mais, comme l'a dit Thomas Sowell, est-ce que cette option est meilleure que l'actuelle.
La réponse est moins évidente quand on raisonne ainsi. Un red flag c'est la solution de facilité, un truc ne nous va pas, on arrête.
Des questions intéressantes seraient :
- Est-ce que je me contente de mon taff actuel ?
- Est-ce que je continue à chercher ailleurs ?
- Est-ce que je change de voie ?
Toutes ces questions sont valides mais "trop de red flags, j'arrête" ce n'est pas valide. C'est le choix de la facilité pour éviter de prendre une décision rationnelle.
L'âme sœur
Le contexte où l'on parle le plus des red flags est dans le domaine relationnel.
Quand on recherche un partenaire, on sait ce que l'on veut et ce que l'on ne veut pas : trop petit, trop grande, pas sportif, trop grosse, violent, tatouée, fumeur, manque de respect, chômeur, manipulatrice, etc.
Nous avons une liste de red flags que nous ne sommes pas prêts à accepter chez le sexe opposé. Mais la vie est faite de compromis, le partenaire parfait n'existe pas.
Prenons, en exemple, le célèbre site igotstandardsbro basé sur des statistiques américaines pour trouver un homme entre certains critères.
Sur les sites de rencontres, les femmes recherchent le fameux "666" : 6 figure salary, 6 feet tall, 6 inches dick.
Il n'y a pas de statistiques pour la taille du pénis, mais pour tout le reste c'est possible. Si nous recherchons les hommes entre 25 ans et 40 ans, non mariés, non obèses et avec un salaire de 100k, cela représente 0,60% des hommes .
Moins de 1% des hommes correspondent aux critères "basiques" des femmes en recherche d'un partenaire. Sachant que cela prend en compte uniquement les hommes non mariés. La majorité des 0,60% doit quand même être en couple.
On se rend vite compte que sans appliquer le moindre critère réel, les femmes ont déjà plus trop le choix. Si dans les hommes restants il faut filtrer en plus par critères personnels (brun, blond, sportif, musclé, intelligent, etc.), il est impossible de trouver un partenaire.
Il faut donc faire des compromis et sacrifier quelques red flags.
Ce n'est pas à charge contre les femmes, c'est pareil pour les hommes. En se basant sur le site realitycalc , qui est l'équivalent de igotstandardsbro pour les hommes, voici les statistiques que l'on obtient si on applique le filtre basique chez un homme : femme de 20 à 35 ans, pas mariée, pas d'enfants, en dessous d'1m72, pas en surpoids : 2,82% de la population féminine correspond à ce critère.
On fait certes 5 fois mieux que les femmes, mais cela reste un chiffre ridicule, moins de 3 femmes sur 100 correspondent à ces critères "basiques".
Et comme pour les hommes, il faut retirer les femmes en couple et sans enfants qui sont incluses dans cette statistique, puis appliquer nos propres filtres (préférence propre à chacun, sportive, respectueuse, fidèle, etc.). On se retrouve avec un chiffre inférieur à 1% des femmes. Autant dire que c'est impossible de trouver l'âme sœur.
Si au moindre red flag, on élimine le candidat, on se retrouve célibataire à vie.
Prenons quelques exemples concrets :
- Elle arrive 30 minutes en retard au premier rendez-vous sans s'excuser → RED FLAG, éliminée
- Il met 6 heures à répondre à tes messages → RED FLAG, éliminé
- Elle commande le plat le plus cher au restaurant → RED FLAG, éliminée
- Il est encore en contact avec son ex → RED FLAG, éliminé
- Elle fume une cigarette de temps en temps → RED FLAG, éliminée
- Il joue aux jeux vidéo → RED FLAG, éliminé
Si dès que la personne nous ghost on lève le drapeau rouge "red flag" et on élimine ce potentiel partenaire, la situation est perdue. Peut-être qu'elle était juste débordée cette semaine-là. Peut-être qu'il traverse une période difficile au travail. Peut-être qu'elle teste ta persévérance.
Je ne dis pas qu'il faut tout accepter, mais certains de ces "red flags" ne sont que des imperfections humaines normales. En éliminant systématiquement, on passe peut-être à côté de quelqu'un de formidable qui a juste eu une mauvaise journée ou qui fonctionne différemment de nous.
Le problème, c'est qu'avec cette logique binaire, on finit par chercher la personne parfaite qui n'existe pas, plutôt que la personne imparfaite mais compatible avec nos imperfections.
Accepter l'imperfection
Le dilemme
Et c'est là la difficulté, je n'ai pas de solution miracle. Je ne suis pas prêt à tolérer certains red flags mais en même temps je dois y faire face. Comment faire ?
D'un côté, on ne peut pas tout accepter — certains comportements sont inacceptables et doivent rester éliminatoires. De l'autre, si on applique une logique binaire à tout, on se retrouve seul avec nos principes parfaits mais inapplicables.
Apprendre le compromis
Il faut apprendre à accepter que la solution parfaite n'existe pas. Ce n'est pas facile mais c'est comme ça. Au lieu de chercher l'absence de défauts, il faut chercher des défauts compatibles avec les nôtres.
La question devient : "Est-ce que je peux vivre avec ces imperfections ?" plutôt que "Cette personne a-t-elle des défauts ?"
Pourquoi l'imperfection a du bon
C'est peut-être ça la beauté de la vie après tout. S'il y avait une solution parfaite partout, la vie serait monotone et prévisible.
Les défauts de notre copine la rendent unique à nos yeux. Les difficultés au travail rendent les victoires plus savoureuses. Le drama occasionnel dans une relation permet d'apprécier davantage les moments de paix.
Si tout était lisse et parfait, on ne saurait plus reconnaître le bonheur quand il arrive. C'est le contraste qui donne du relief à l'existence.
Où placer la limite
Ce n'est pas un hymne à tolérer tout et n'importe quoi. Certains red flags restent éliminatoires — violence, malhonnêteté, manque de respect fondamental.
Mais la plupart du temps, la vie nous présente des options imparfaites, et il faut choisir la meilleure d'entre elles plutôt que d'attendre la perfection qui n'arrivera jamais.
L'art, c'est de distinguer les défauts vivables des véritables problèmes. Et ça, ça s'apprend avec l'expérience, pas avec une liste de red flags toute faite.